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L'internationalisation du soulevement bahreini - The Bahraini insurrection and its internationalization

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l'internationalisation du soulèvement bahreïni



Par M. Thibault Laurin



Date de l’information : 11/05/2011

Etats et organisation internationales concernés: Le Royaume de Bahreïn, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) avec en particulier l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, l’Union Européenne (UE) et les États-Unis.

Type de conflit : L’émergence d’une contestation contre le pouvoir en place a impliqué une réaction nationale (Etat de Bahreïn), régionale avec le CCG et internationale avec l’UE et les États-Unis.

Evénement :

1° Des débuts d’une contestation non violente à l’augmentation des tensions

  • Le 14 février 2011 a lieu la première manifestation lors du « jour de la colère », la police tue un manifestant.[1]
  • Le 15 février 2011 un nouveau manifestant perd la vie, les élus chiites se retirent du Parlement alors que des milliers de manifestants se fixent sur la place de la Perle.[2]
  • Le 17 février 2011, l’Etat bahreïni augmente la répression en plaçant dans la rue des chars et les forces anti-émeute de la police [2]
  • Le 19 février, le roi en signe d’apaisement ordonne le retrait des policiers des rues de Manama, le lendemain les manifestants occupent la place de la Perle. Cette place véritable symbole de la contestation sera occupée jusqu’au 16 mars. [3]
  • Le 20 février commence une grève générale [4]
  • Le 27 février 18 députés de l’opposition démissionnent [5]
  • Le 3 mars les 6 partis de l’opposition demandent l’élection d’une assemblée constituante dans le but d’instaurer une monarchie constitutionnelle [6]


2° Internationalisation du conflit et reprise en main du gouvernement

  • Le 14 mars les forces de l’Arabie Saoudite entrent au Bahreïn suite à la demande d’aide adressée au CCG. Entrent à Manama environ 1000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis donc le but est en premier lieu « la sécurisation des infrastructures stratégiques ». cette aide sécuritaire s’accompagne d’un financement à hauteur de 10 milliards de dollars. [7]
  • Le 15 mars le roi Hamad Bin Issa Al Khalifa instaure l’état d’urgence pour 3 mois avec les corollaires suivants : couvre-feu et interdiction des rassemblements [8]
  • Le vendredi 18 mars, le gouvernement a annihilé un monument symbole d’unité de la contestation en détruisant le monument de la Perle [9]
  • Le 22 mars, la grève générale est arrêtée avec la garantie de l’impunité pour les grévistes. [10]



Thèses des parties :

Le Bahreïn : celui-ci s’est trouvé concerné par le 14 mars 2011 a phénomène des contestations et des soulèvements populaires. Sa réaction a été de faire face aux revendications d’une part en réprimant et d’autre part en tentant d’instaurer un dialogue. Face à l’ampleur des contestations et à son extension il a fait appel au CCG qu’il l’a aidé à reprendre en main la situation. A ce jour les forces de la CCG sont encore présente à Bahreïn.
Le CCG a répondu a l’appel de Bahreïn et a envoyé des troupes militaires et policières dans le but de maintenir en sécurité les infrastructures stratégiques. Il dénonce alors « le complot étranger » et par la voix du ministre d'Etat pour les affaires étrangères émiratis Anouar Gargash il énonce «"La décision des Emirats (...) s'inscrit dans le cadre du souci des pays du CCG de rester unis face à tout danger et de considérer que leur sécurité et leur stabilité sont indivisibles". [7] [11]
L’Arabie Saoudite a elle exprimée sa solidarité avec l’Etat de Bahreïn et a expliqué son intervention dans le cadre du CCG « "toute atteinte à la sécurité d'un des Etats membres est considérée comme une atteinte à la sécurité de tous les membres". [7]
Face à cette situation l’opposition a fait part de son inquiétude : "le peuple de Bahreïn fait face à un réel danger, celui d'une guerre contre les citoyens bahreïnis sans déclaration de guerre". "Nous considérons l'entrée de tout soldat, de tout véhicule militaire dans les espaces terrestre, aérien ou maritime du royaume de Bahreïn comme une occupation flagrante, un complot contre le peuple de Bahreïn désarmé, et une violation des accords et des conventions internationales". [7]

Actions entreprises au niveau national

La réaction étatique a été très forte dès le début de la contestation. Les buts de cette contestation sont essentiellement politiques. Cependant il semble que le clivages socio-économiques et confessionnel notamment soient sous-jacents à ces demandes. L’Etat bahreïni s’est appliqué à réprimer les manifestations tout en tentant d’ouvrir un dialogue national. [12]

Réactions internationales

Face à l’action du CCG à Bahreïn on a vu plusieurs protestations officielles :
Le 14 mars 2011, la maison Blanche a ainsi appelé les membres du CCG à "respecter les droits" des habitants de Bahreïn. "Nous exhortons nos partenaires du CCG à faire preuve de retenue et à respecter les droits des Bahreïnis, et à agir de manière à soutenir le dialogue au lieu de le saper". [7]
Le 17 février l’UE déplore les violences commises et appelle l’Etat bahreïni a accepter les manifestations pacifiques. [13]


Sources :

[1] Nicole Dupont et Eric Faye, « Un manifestant tué lors du "jour de colère" à Bahreïn», L’express, le 14 février 2011.
[2] Alain Gresh, « Face à face tendu à Bahreïn», Les Blogs du Monde diplomatique, 1er mars 2011
[3] Le nouvel observateur, « l’armée se retire des rues, les manifestants reviennent sur la place de la Perle », le 19 février 2011.
[4] « Bahreïn : les manifestants reviennent, appel à la grève illimitée », France24,
[5] Caroline Ronsin, « Chronologie du "printemps arabe" », Moyen-Orient n°10, in Révolutions : le réveil du monde arabe, mars-avril 2011.
[6] AFP, « Bahreïn : l'opposition précise ses revendications », Le Monde, le 3 mars 2011.
[7] AFP, Les pays du Golfe envoient des soldats à Bahreïn pour soutenir le régime, Le Monde, le 14 mars 2011.
[8] International Crisis group, « Popular Protests in North Africa and the Middle East (III): The Bahrain Revolt», ICG, le 6 avril 2011.
[9] Laure Stephan, « Le régime bahreïni détruit un symbole de la contestation », Le Monde, publication du 20 et 21 mars 2011.
[10] AFP, « Bahreïn : fin de l'appel à la grève », Le Figaro, le 20 février 2011.
[11]Alain Gresh, « Silence sur Bahreïn », Nouvelles d’Orient, Les blogs du Monde Diplomatique, publié le 13 avril 2011.
[12] AFP, « Bahreïn: l'armée tire sur les manifestants », Le Figaro le 18 février 2011.
[13] AFP, « Bahreïn: l'UE déplore les violences », Le Figaro, le 17 février 2011.

Quelques références d’ouvrages :
ALFARAJ, Nasser, Pouvoirs exécutifs et législatifs du Koweit et du Bahrein, Thèse, Rouen, 1995
ALLEN Robin. "Survey: Bahrain." Financial Times. 20 November 2000.
CORDESMAN, Anthony H., Bahrain, Oman, Qatar, and the UAE: Challenges of Security , Boulder, CO: Westview Press, 1997.
ESMAILI AZIZOLLAH Malek, Le Golfe Persique et les Iles de Bahrein, Thèse de doctorat, Paris, 1936.
FEREYD1ÅUN Adam1Åiyat, Bahrein Islands : a legal and diplomatic study of the British-Iranian controversy, F. A. Praeger , [1955]
HUMAIDAN Ali, Les Princes de l'or noir : évolution politique du Golfe Persique, France, S.É.D.É.I.S. , 1968
HAMZA Raya-Yousif, Etude théorique et pratique de la constitution de Bahrein, Thèse, Paris 1, 1985
TADJBAKHCHE Gholam-Reza, La question des iles Bahrein, Thèse Droit, Paris, 1963, Publications de la Revue générale de droit international public. Nouvelle série ; 1, Pedone , 1960
ZAHLAN Rosemarie, The Making of the Modern Gulf States: Kuwait, Bahrain, Qatar, the United Arab Emirates and Oman, Reading, UK: Ithaca Press, 1998.

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